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Bulletin Oeconomia Humana

Juin 2010, volume 8, numéro 5


Steve Howard, EV20 et le changement climatique : une croisade des temps modernes

Par Alice Friser, coordinatrice de la Chaire et Louis Cousin, candidat au MBA recherche à l'UQAM

Catégorie: changement climatique


Le CORIM organisait le 16 avril dernier un déjeuner causerie avec Steve Howard, le porte-parole et CEO du Climate Group, une ONG internationale vouée à aider les gouvernements et entreprises influentes à réduire leur empreinte de carbone. Sous le titre « Le temps est venu: l'économie verte en marche », le discours de M. Howard se voulait direct, enthousiaste et engagé. Une vraie bouffée d’oxygène.

Le siècle du climat
Bonne nouvelle, nous réduisons nos émissions de gaz à effet de serre. Au Québec, le niveau actuel de nos émissions se rapproche même rapidement du niveau recensé dans les années 1990. Certes, on ne peut pas se féliciter d’avoir respecté à temps les cibles statuées dans le Protocole de Kyoto, mais on peut au moins constater que le changement est possible et qu’il n’a pas pour autant bouleversé nos modes de vie. Alors, si nous consentions à quelques efforts supplémentaires, pourrions-nous envisager dans quelques années un futur vert et prospère?

Si l’on met en perspective le fait que la classe moyenne s’accroit de jour en jour et avec elle la soif encore inassouvie de consommer de millions d’individus, la disparition rapide des ressources naturelles de la planète et la reprise imminente de l’économie mondiale, disons que nous n’avons pas le choix. Oui, nous devrons en effet pour les années à venir redoubler d’efforts. Mais, nous dit Steve Howard, étant donnée la conjoncture économique, politique et technologique actuelle, nous pouvons être confiants quant aux résultats que nous pouvons générer. Non seulement l’économie nécessite une nouvelle raison d’être, mais il existe désormais une volonté politique et de nouvelles technologies capables de nous accompagner. En d’autres termes, le temps est propice à l’émergence d’une économie verte basée sur des technologies propres.

Si les gouvernements changent leur fusil d’épaule…
À l’issue de la conférence de Copenhague, nous rappelle le conférencier, il faut se rendre à l’évidence : si quelques gouvernements ne peuvent être qualifiés de téméraires en ce qui concerne la lutte au changement climatique, d’autres, beaucoup plus nombreux, ont au contraire démontré une forte volonté de faire évoluer les mentalités et entrent même en compétition pour faire partie des gouvernements les plus actifs en la matière. Cette tendance s’illustre tout à fait à travers la mission et les travaux du Climate Group (notamment sur les technologies de l’information et de la communication, l’emprisonnement de carbone, l’économie d’énergie, les indicateurs d’effet de serre, le rapport des consommateurs au changement climatique, ect.) la coalition d’États et d’entreprises qu’il réunit (dont Google, Alstom mobile, Coca Cola, le Québec, l’Écosse et la Californie) et à travers le groupe de travail EV20 qu’il a fondé et qui « vise à regrouper les dirigeants de 20 villes, États ou nations avec des constructeurs de véhicules, des propriétaires de flotte et des financiers impliqués dans le développement du secteur des véhicules électriques afin d'accélérer le développement de ce marché1 ».

Si les technologies sont au rendez-vous...
Cette dernière initiative illustre bien le genre de projets que soutient désormais un nombre croissant de personnes, d’États, de provinces et de nations. En Israel, nous conte Howard, les véhicules électriques sont une réelle alternative à leur contrepartie non électrique car l’offre y est diversifiée, la demande est importante et les stations de recharge de batterie sont nombreuses.

En parallèle, les gouvernements subventionnent de plus en plus ce genre d’alternative et de manière générale les énergies vertes ou les produits et services peu énergivores. Bien plus souvent qu’on ne le pense, si on veut être plus vert, on peut; reste-t-il à le savoir. Certains en ont pris conscience, comme en atteste, par exemple dans le domaine de la construction et de la rénovation, un intérêt croissant des commerces, des industries et des consommateurs pour les matériaux et bâtiments écologiques. Dans des pays comme les nôtres où les gratte-ciels poussent comme des champignons, on ne peut qu’applaudir ce genre d’initiatives souligne Howard.

Autre changement, les piles et ampoules ont aujourd’hui une durée de vie importante, et notre capacité à recycler est quasiment infinie. Également, le cycle de vie des produits est davantage pris en considération dans les emballages, la production d’aliments et de matériaux. Ceci n’est qu’un début, mais c’est encourageant compte tenu du fait que nous gaspillons une bonne partie de nos ressources naturelles dans le surplus d’emballage et la façon dont nos produits usuels sont produits fabriqués et transformés.

Finalement, toutes ces améliorations dans le domaine de l’énergie verte permettent de créer de l’emploi et de satisfaire un nombre croissant de personnes qui peuvent travailler selon leurs valeurs et leur conscience, et plus important, en vivre.

Reste à convaincre la population de réduire sa consommation et d’opter pour des choix éclairés : plutôt que d’acheter la dernière Porsche version électrique, peut-être vaudrait-il mieux utiliser le transport en commun ou le covoiturage, privilégier les produits locaux, recyclables, équitables… Il est vrai qu’il est difficile d’être stratégique à long terme avec des bénéfices à court terme, mais cela vaut la peine d’essayer non?

Si l’on reprend l’exemple des véhicules électriques, nous assure Howard, le prochain voyage sur la Lune est le voyage vers l’économie verte. Mais n’oublions pas qu’il existe à ce jour d’autres destinations et autant de voyages vers un futur vert et prospère.

Note 1: Le Québec adhère à l’initiative EV20 du Climate Group. Le 15 décembre 2009.
En ligne : http://www.mri.gouv.qc.ca/fr/_scripts/Actualites/ViewNew.asp?NewID=7262&lang=fr Consulté pour la dernière fois le 24 mai 2010.