Bulletin Oeconomia Humana
Automne 2013, volume 11, numéro 4
Momentum : une conférence internationale sur les nouveaux modèles d’affaires !
Par Marie-Soleil Lallier, candidate à la maîtrise en sciences de l'environnement à L'UQAM.
C’est en septembre dernier qu’avait lieu la 2e édition de la conférence Momemtum sur les nouveaux modèles d’affaires écoresponsables. Organisée par Novae, cette journée visait à rassembler différents décideurs, entrepreneurs et visionnaires ayant amorcé des stratégies d’affaires éco-innovantes. Rassemblés autour de ce thème, les conférenciers ont pu partager leur expérience sur les enjeux rencontrés, mais surtout communiquer les motivations qui les ont poussés à faire les choses autrement. L’objectif étant de faire émerger de nouvelles idées afin de mener plus loin l’innovation en développement durable.
Afin de mettre en pratique les valeurs qu’il promeut, l’évènement Momentum s’est d’ailleurs vu obtenir la certification niveau 4 en gestion responsable d’évènement1.
Étalée sur une journée complète, la programmation de l’évènement présentait 6 volets distincts qui permettaient d’aborder différents angles des nouveaux modèles d’affaires, que ce soit sur l’innovation sociale, les labels éco-innovants, l’engagement des employés, l’écolonomie ou encore la responsabilité sociale. Comme la journée était entrecoupée de pauses, elle offrait la possibilité aux participants non seulement d’échanger sur le contenu des conférences, mais également de rencontrer d’autres acteurs du marché montréalais et international.
Au cours des échanges de cette journée, il était intéressant de constater les différentes perceptions et définitions du concept de développement durable ou de responsabilité sociale. Si pour certains le niveau de « verdure » des présentateurs était parfois inégal, pour d’autres cette diversité de visions offrait une arène de choix pour la co-construction de ces concepts.
Écolonomie. Entreprendre et produire autrement
Pour en avoir discuté avec de nombreux participants, il y a indéniablement eu un coup de coeur pour la présentation d’Emmanuel Druon. Ce dirigeant de Pocheco nous a bien fait rigoler en nous présentant le parcours épique de son entreprise qui s’épanouit dans un domaine florissant et d’avenir: la production d’enveloppe de papier!
C’est en des termes accessibles, toujours pertinents et souvent cocasses, que M. Druon nous a expliqué comment il a prouvé par l’exemple depuis plus de 15 ans « qu’il est plus économique de produire de façon écologique, que de ne pas le faire. Et qu’on croit souvent à tort qu’il est très cher de respecter l’environnement, alors que c’est le contraire ». Et c’est d’ailleurs de cette expérience qu’est né son concept de l’« écolonomie ».
M. Druon n’a pas eu peur de l’écologie, au contraire, il a cherché à voir comment il pouvait réduire son impact écologique, améliorer la sécurité de ses employés et surtout comment il pouvait réaliser ceci en mobilisant ses équipes et en étant rentable!
Pour M. Druon on ne perd pas sa citoyenneté et son intelligence lorsqu’on vient travailler. En offrant un cadre de travail où la créativité et l’innovation sont mises en valeur, il est possible de réellement changer les manières de faire et de « microagir » pour répondre aux problèmes sociaux et environnementaux. Évidemment, comme il l’a précisé, les transformations graduelles qu’a subit Pocheco pour réduire son impact environnemental ont été possibles parce que la direction a accepté de réinvestir tous les profits dans l’entreprise. Du moment que l’entreprise (re)devient une manière d’entreprendre, et non plus simplement une manière de maximiser le profit, on assiste alors à un changement de paradigme dans lequel l’entreprise redevient plus équitable, plus propre et plus responsable.
Pour en savoir davantage sur cette histoire inspirante, je vous invite à livre son livre Écolonomie, Entreprendre et produire autrement. Livre qui n’est par ailleurs disponible qu’en version papier, car comme l’explique l’auteur le cycle de vie d’un livre conventionnel étant beaucoup mieux connu et maîtrisé que celui d’un livre numérique, le support conventionnel permet de rester cohérent avec les idées défendues dans son ouvrage.
Le label B-Corp
Je ne saurais passer sous silence Joyce Su, de B-Corp, qui s’est également démarquée par l’intérêt qu’a suscité sa présentation et la pertinence de son discours. Le label B-Corp offre un moyen aux entreprises de démontrer qu’elles ont un impact positif sur leur société et leur environnement. Ce nouveau label compte plus de 800 entreprises certifiées dans 60 industries et dans 28 pays (dont 2 au Québec). Les standards pour être certifiés B-Corp sont révisés aux 2 ans et les entreprises doivent se recertifier à cette même fréquence.
Pour en savoir plus sur la certification B-Corp: http://www.bcorporation.net/
En terminant
Ce fut une journée extrêmement intéressante autant du point de vue personnelle que professionnelle. Un immense merci à Novae pour l’excellente organisation de cette journée qui a assurément permis des échanges riches en idée et en innovation!
Note 1: Norme BNQ. Gestion responsable d’évènement. http://www.bnq.qc.ca/fr/certif/detail_programme/detail_9700-253.html