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Bulletin Oeconomia Humana
Septembre 2010, volume 8, numéro 7
Présentation de Marie-France Turcotte
Avec Marie-France Turcotte, titulaire adjointe de la CRSDD

Marie-France Turcotte est titulaire adjointe de la Chaire de responsabilité sociale et de développement durable, chercheure et professeure au département Stratégie, responsabilité sociale et environnementale de l’école des sciences de la gestion de l’UQAM et directrice du pôle francophone du réseau Entreprise et développement durable.
De manière générale, Marie-France Turcotte s'intéresse à la responsabilité sociale et environnementale des entreprises et plus particulièrement aux interactions entre les entreprises et leurs parties prenantes (stakeholders), tels que les organisations environnementales, les groupes aux visées sociales, les actionnaires et les gouvernements. Les projets dans lesquels Marie-France Turcotte est ou a été impliquée portent entre autres sur les relations de conflit et de collaboration entre entreprises et groupes environnementaux, l'investissement dit éthique ou socialement responsable, les initiatives multipartites telles que les tables rondes en environnement et les comités de suivi, les nouvelles formes de régulation de l'économie telles que les standards aux visées environnementales ou sociales (ISO 14000, SA 8000, ISO 26000, etc.) et le commerce équitable.
Aujourd’hui, Marie-France Turcotte mène de fronts plusieurs projets de recherche avec des étudiants des cycles supérieurs et avec des collègues de la CRSDD et à l’étranger. Par exemple, elle travaille avec la professeure Bouchra M’Zali et plusieurs étudiants en finance sur les liens entre les institutions financières et la responsabilité sociale des entreprises et sur l’activisme des actionnaires. Marie-France Turcotte travaille également avec Corinne Gendron, Jean Pasquero et d’autres chercheurs sur un projet de recherche intitulé « La responsabilité sociale : une redéfinition de l'entreprise comme institution sociale ». Avec Chantal Hervieux, l’une de ses étudiantes, elle publie dans un mois un livre sur le commerce équitable intitulé : « Mettre un marché pour une cause. Commerce équitable, une comparaison internationale ». Elle mène aussi à terme deux projets de recherche sur l’évolution des représentations de la responsabilité sociale dans l'élaboration de la norme internationale ISO 26 000. Le 8 octobre prochain à l’UQAM, elle interviendra d’ailleurs à titre de conférencière lors de la Journée d’études de la CQCAM et du CISO sur le thème: Responsabilité sociale des entreprises: nouveautés en matière de normes privées. Et sous peu, elle publiera deux ouvrages sur la norme ISO 26000 : le premier en son nom, l’autre en collaboration avec Michel Capron et Françoise Quairel, de l’Université Paris Dauphine.
Mais si Marie-France Turcotte est une chercheure chevronnée, elle n’en est pas moins une professeure passionnée. Elle est coordinatrice du comité de programme du programme court de deuxième cycle en res^ponsabilité sociale des organisations à l’UQAM dans lequel elle enseigne le cours DSR8403 Stratégies d'organisations et responsabilités sociales et environnementales : du local à l'international ) et avec Jean Pasquero le cours DSR7610 sur les fondements, théories et pratiques de responsabilité sociale et développement durable. Finalement, dans le cadre du baccalauréat en gestion, elle enseigne les cours DSR 2010 et EUT1072 sur la responsabilité sociale (RSE) et le développement durable (DD). Loin de se limiter à un enseignement de type magistral, Marie-France Turcotte innove et propose à ses étudiants une expérience unique et ludique. Par exemple, la professeure incite ses étudiants à s’intéresser aux initiatives locales en matière de RSE et développement durable, à interviewer des gestionnaires et à réaliser des productions vidéos de type documentaire pour exposer leurs trouvailles.
Comme l'écrivait Baptiste Bourdeau dans un article antérieur du Bulletin, « le projet a été réalisé pour la première fois dans le cadre du cours DSR 2010 et a l’avantage de prolonger la vie des travaux des étudiants au-delà même du cadre éducationnel, contrairement aux travaux de groupe classiques. En effet, ces travaux de groupe originaux et novateurs sont ensuite diffusés sur Youtube, alliant ainsi fierté des étudiants et diffusion des enjeux de la RSE et du DD à un plus grand nombre. Virginie Levac, une étudiante ayant participé à ce cours, note que ce travail est une " méthode dynamique d’apprentissage qui plonge [les étudiants] sur le terrain dans le concret plutôt que dans la théorie ". Un autre affirmait que ces réalisations étaient très importantes car elles permettaient aux étudiants de réaliser que les concepts (de DD et de RSE) sont bels et bien réalisables et qu’il ne faut pas les voir comme des utopies inatteignables (Matt Sauerman). Lorsque l’on connait l’ambition de la chercheure de rapprocher le monde universitaire et l’univers plus concret des gestionnaires, on peut donc parler d’une opération réussie ».
Marie-France Turcotte est en effet directrice du pôle francophone du réseau Entreprise et développement durable depuis le mois de mai 2009. À ce titre, et en collaboration avec la coordinatrice du pôle, Sarah Gagnon-Turcotte, elle cherche à rendre la recherche plus accessible aux gestionnaires en quête de développement durable. Récemment, elles ont toutes les deux développé le concept de « perspectives de recherche », c’est-à-dire des synthèses de recherche susceptibles d’intéresser des gestionnaires dans un langage accessible. Ces perspectives de recherche sont regroupées sous quatre thèmes: le changement climatique, le consumérisme, le développement durable et la performance financière, et l’engagement des parties prenantes, dernier thème dont elle est directement responsable. « Éventuellement, je souhaite développer un blog pour connaître l’expérience des gens en matière de relations avec les parties prenantes et faire circuler cette information. Pour le moment, on est en phase d’expérimentation, mais on est ouvert à toutes les propositions dans la mesure de la faisabilité et je convie le plus de chercheurs et praticiens à y participer! ».
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