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Avril 2013, volume 11, numéro 2


1er Forum national sur l’essor de l’économie verte et son impact sur la formation et la main-d’oeuvre

Par Guillermo Leoncollaborateur et diplômé de l'ESG UQAM

 


 

Le 18 mars 2013 au palais des Congrès de Montréal (Québec), le comité sectoriel de la main d’oeuvre de l’environnement ENVIRO-COMPÉTENCES, a tenu le 1er Forum national sur l’essor de l’économie verte et son impact sur la formation et la main d’oeuvre. Lors de cette journée qui a comporté quatre panels et une conférence, les panélistes et conférenciers ont exposé leurs expériences et leurs visions sur le développement de la main d’oeuvre dans un contexte d’une économie plus verte. Cette journée avait la finalité de prévenir et d'appréhender de façon positive les besoins, les problématiques et les solutions en rapport à l'essor de l'économie verte au Québec, de desservir adéquatement tous les travailleurs et employeurs du secteur de l'environnement et de proposer des moyens d’action en tenant compte de pratiques novatrices et des visions précurseurs existantes. Pareillement, ce forum constituait une occasion unique de faciliter les échanges d'informations.

Le forum a ouvert avec le discours de Mme Dodier, directrice d’ENVIRO-COMPÉTENCES. Selon Mme Dodier, la filière de l’environnement est en pleine croissance et l’économie verte est de plus en plus présente autant dans le domaine public que privé. Cette tendance à l’économie verte a une incidence sur l’activité économique ici et ailleurs. En bref, la couleur verte est à la mode. Ainsi, les enjeux socio-environnementaux étant assez importants, le Québec doit pour se fortifier et bénéficier à la main d’oeuvre tirer avantage de cette nouvelle réalité, c’est-à-dire verdir son économie. Également, elle a estimé que dans un contexte de nombreux départs à la retraite, les entreprises doivent se préparer à former leur relève. À ce sujet, elle a mentionné que seulement 55 % de ces entreprises possèdent un programme de transfert de connaissances.

M. Trabam, de la commission des partenaires du Marché du Travail (CPMT), intervient suite au discours d'ouverture de Mme Dodier, pour mentionner que l’avenir de l’économie verte doit être relié à la technologie et à l’innovation vers une industrie moins polluante. Les entreprises auront ainsi une « bataille » à livrer pour attirer les meilleurs talents dans ce domaine. En outre, il faudrait briser le paradigme que les entreprises ont par rapport à la formation, laquelle est perçue comme une dépense et non comme un investissement.

Le premier panel, intitulé : « l’économie verte à l’heure des enjeux planétaires du capital humain », a ensuite compté avec la présence de M. Guilbeaut, cofondateur et directeur principal d’Équiterre, qui a rappelé l’importance de la problématique du réchauffement de la terre à cause de l’activité humaine, et qui a laissé le public réfléchir sur la nécessité de faire un virage vers une économie plus responsable et plus soutenable ainsi que sur la la nécessité de réduire note empreinte écologique.

M. Hocquect, délégué du ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie de la France, a poursuivi en faisant allusion à l’importance de mobiliser les acteurs publics et privés pour accompagner les acteurs dans cette transformation de verdissement. Le délégué du ministère a donné comme exemple les services régionaux (DREAL) en France qui accompagnent cette transformation.

Puis, cette intervention s’est suivie de celle de M. Haugthon du Bureau of Labor Statistics des États-Unis qui a fait référence à la définition claire d’un « green job » comme outil d’analyse pour une économie verte. Il faudrait définir les « green jobs » par activité économique et par entreprise.

L’entreprise Dunsky Expertis qui œuvre dans le domaine de l’efficacité énergétique a mentionné ensuite la stratégie utilisée pour leur entreprise, laquelle permet à leurs clients d’atteindre leurs objectifs énergétiques, économiques et environnementaux en s’appuyant sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Ces vecteurs de changement sont un enjeu essentiel dans une économie verte, tel que l’avait verbalisé M. Gobeil, Consultant principal de l’entreprise.

Dans le deuxième panel intitulé : « le verdissement de l’emploi au Québec », et modéré par la titulaire de la Chaire de responsabilité sociale et développement durable de l’UQAM, Mme Gendron, a ouvert avec une explication méthodologique du département de santé environnementale et santé au travail de l’UdeM, laquelle avait été employée pour déterminer les emplois verts dans la province du Québec. M. Cheneval responsable de cette recherche a présenté les résultats obtenus et certaines contraintes à prendre en compte lorsque nous devons déterminer les compétences dans la main d’oeuvre exigée dans le domaine environnemental.

Le panel a suivi avec l’intervention de Mme Blais de l’Économie du Québec. Mme Blais a bien remarqué que tout le personnel en interne d’une entreprise est responsable du développement durable et qu’il ne dépend donc pas que de la haute direction. Aussi, le gouvernement est responsable de développer des politiques qui tendront la création d’emplois verts.

M. Létourneau, de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a montré que tous les secteurs de l’économie au Québec ne prennent pas la même direction par rapport au verdissement de l’économie. Cette nouveauté peut être perçue comme une adaptation ou comme une résistance. Dans cette dynamique, il est important de faire preuve d’équité.

Le troisième panel, intitulé : « La transformation des emplois au sein de l’entreprise», nous a permis de connaître les stratégies et les transformations vécues par quatre entreprises québécoises pour promouvoir un développement plus durable de leurs services et de leurs produits. Tout d’abord, Mme Allen qui représentait la division d'énergie de Cascades inc. a attiré l’attention sur les stratégies de réduction d’énergie à la source et les échanges de connaissances auprès des acteurs d’efficacité énergétique qui ont amené plus d’économie et qui ont servi à la stratégie de développement durable de Cascadas Inc.

Mme Bouchard de l’entreprise Premier Tech a souligné ensuite que le discours du développement durable doit être cohérent à l’interne et à l’externe. Il faudrait donc travailler sur la marque employé. De plus, il est nécessaire de travailler la culture d’innovation, laquelle implique la formation et la mobilisation de ressources humaines. En bref, ces deux tactiques font partie de la transformation des emplois en interne de l’entreprise.

Puis, les ingénieurs de l’entreprise Effenco expliquent que leur formation en réduction de gaz à effet serre constitue la stratégie de développement durable qui permet une transformation de l’emploi dans l'entreprise.

La transformation d’emplois vers une économie plus verte est axée sur la conformité environnementale pour les entreprises du secteur minier, tel que l’a mentionné le représentant de l’Association minière du Québec.

Le dernier panel a finalement traité de l'adaptation et de la modification de la formation de la main d’œuvre. Étaient présents M. Webster, vice-recteur du développement durable et des relations gouvernementaux de l’université de Sherbrooke, Mme Gignac du CTTEI, M. Saint-Yces de l’IC2E et Mme Lévelillé du ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche, de la science et de la technologie du Québec. Les panélistes ont conclu que l’intégration de la notion de développement durable doit être graduelle dans tous les programmes et qu’il faut faire plus de recherche, plus d’innovation et plus de formation dans ce domaine et ne pas se contenter d’être dans la moyenne canadienne de formation en développement durable.

Ce forum a aussi dévoilé le Diagnostic industriel et de main d'oeuvre en environnement 2013. Cette étude, révèle que les métiers de l'environnement ont augmenté de 70 % entre 2007 et 2010 au Québec. Fruit de cette croissance: les entreprises de ce secteur éprouvent des difficultés à recruter des professionnels en services-conseils en environnement pour occuper plusieurs catégories de professions de ce secteur. Dans cette étude, il apparait que les diplômés universitaires comptent pour 45 % des embauches de main d'oeuvre diplômée des programmes de formation publique en lien avec l'environnement, suivis des diplômés collégiaux (27 %) alors que les diplômés de niveau professionnel (DEP) sont de 11 %. La profession de chargés de projets environnementaux est la plus fréquente au sein des entreprises interrogées selon l’énoncé par l’étude.

Enfin, mentionnons que le forum a permis de présenter les résultats d’une enquête de caractère exploratoire mandatée pour ENVIRO- COMPÉTENCES. Cette enquête intersectorielle de verdissement de la main d’œuvre repose sur l’analyse d’informations issues des huit secteurs suivants : aménagement forestier, mines, transport routier, aérospatiale, transformation du bois, chimie, pétrochimie et raffinage, technologies de l’information et de la communication et production agricole. Ce forum a aussi permis de montrer que les services dans le domaine du développement durable sont en croissance au Québec et ailleurs, et que les pays industrialisés tels que le Canada ou la province de Québec doivent jouer un rôle primordial dans cette transformation.

L’économie verte est une économie en transition. Par conséquent, le gouvernement, le secteur privé et les acteurs sociaux devront acquérir de nouveaux outils pour faire face à ces changements comme acteurs de transformation et propulseurs d’un savoir-faire. Il est impératif de renforcer les canaux de communication entre chacune des parties prenantes qui font partie de cette transformation, au public ou au privé, car la compétence de la communication sera un outil essentiel pour le développement durable. Aussi, l’ignorance des lois et des règlements liés au développement durable est un enjeu majeur dans le verdissement des entreprises. Ce faisant, les programmes de formation devront s’adapter dès le primaire pour favoriser le transfert d’une économie brune à une économie verte.