Bulletin Oeconomia Humana

Septembre 2010, volume 8, numéro 7


Présentation de Laura Draetta

Par Laura Draetta, Chercheure affiliée à la CRSDD

 

Laura Draetta est maitre de conférences en sociologie au département de sciences économiques et sociales de Télécom ParisTech (école nationale supérieure des télécommunications). Localisée dans le site de Sophia Antipolis, elle est titulaire de l’enseignement « Approches sociologiques des TIC ». Elle est aussi chargée du cours « Technologie et développement durable » au Master TIC dans le développement des territoires de l’Université de Toulouse.

En tant que chercheure, Laura Draetta est rattachée au LTCI (CNRS-Télécom ParisTech) et affiliée à la Chaire TIC et Développement Durable de l’Institut Telecom ainsi qu’à la Chaire de Responsabilité Sociale et de Développement Durable de l’UQAM. Par un travail de plusieurs années en Italie et en Belgique sur l’impact socio-environnemental des projets d’équipement, par une thèse à l’EHESS (France) sur la modernisation écologique du milieu industriel et, plus récemment - depuis son arrivée à Télécom ParisTech - par des nouvelles recherches sur les dynamiques de l’innovation dans le secteur industriel et les clusters TIC, elle a développé une double compétence en sociologie de l’environnement et en sociologie de l’innovation. Depuis plus de dix ans, Laura Draetta mène un programme de recherche sur les motivations et les modalités de l’engagement des entreprises industrielles dans l’action environnementale. Dans sa thèse de doctorat, elle s’est focalisée sur les engagements volontaires et sur leur dimension civique, tout en les mettant en relation avec la structuration socio-institutionnelle du champ de l’environnement dans lequel évoluent les entreprises depuis le tournant écologique des années 80. Ce travail a également proposé une revue de littérature sur les agencements existant entre la sociologie et les sciences de gestion dans le courant de l’environnementalisme industriel et posé ce courant comme un processus isomorphe orienté, lui aussi, par le tournant écologique du contexte socio-institutionnel. Cette recherche a contribué à consolider le courant de l’environnementalisme industriel dans le domaine de la sociologie en France et a fait l’objet de plusieurs publications, notamment des chapitres de livres (Draetta, 2002, 2003, 2006, 2010). Lors de ses recherches les plus récentes sur les dynamiques de l’innovation et l’appréhension du développement durable dans le secteur industriel et les clusters TIC, Laura Draetta a identifié certaines similarités entre l’approche environnementaliste et celle de l’innovation dans ces organisations de production technologique.

Depuis 2005, les recherches de L. Draetta portent sur deux thèmes en particulier : A)- Innovation et Territoires Numériques, pour approcher la dimension sociale de l’innovation (jeux d’acteurs, réseaux de relations et capital social, pratiques de collaboration, production de connaissance) dans les systèmes territoriaux d’innovation tels les clusters technologiques et/ou les pôles de compétitivité, tout en interrogeant leur capacité à impliquer les usagers dans le processus d’innovation; B)- TIC et Développement Durable, pour approcher la dimension écologique de l’innovation et aborder l’inscription des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans les enjeux du développement durable, à la fois en tant que ressources et en tant que sources de contraintes. Ceci concernera en particulier, d’un côté, la manière dont des systèmes de traçabilité (puces RFID) et de surveillance (smart grids) peuvent rendre visibles et analysables des phénomènes et des indicateurs liés à l’environnement, et induire des effets performatifs sur les comportements d’acteurs individuels et organisationnels ; d’un autre côté, cela concernera la manière dont les contraintes de viabilité écologique et sociale sont intégrées dans le développement de nouveaux dispositifs socio-techniques issus des TIC , notamment : a)- la gestion des déchets et des consommations énergétiques spécifiques à ce secteur, avec un lien vers l’éco-conception ; b)- l’acceptabilité sociale des systèmes de traçabilité et de surveillance, avec un lien vers la construction sociale du risque technologique.

Actuellement, Laura Draetta mène de front plusieurs projets sur le volet acceptabilité sociale de la technologie. Nous citerons le projet ASPECT, sur la sécurisation et l’automatisation des ports commerciaux par technologie RFID (projet de R&D du pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées, proposant un pilote sur le port autonome de Marseille); le projet PAC-Id DASRI, sur l’expérimentation de la traçabilité, par technologie RFID, des déchets d’activités de soin à risque infectieux, suivi par le projet « Trace-De-TIC » sur la viabilité socio-organisationnelle et écologique de cette traçabilité électronique des déchets. Enfin, nous citerons aussi le projet « Grid-Team » sur l’acceptabilité sociale et les effets autorégulateurs sur les comportements de certains systèmes de surveillance à visée écologique tels les smart grids. Quant au volet gestion industrielle du risque écologique, nous citerons le projet ECO² (Écosystèmes de l’éco-conception), sur les pratiques d’éco-conception dans les entreprises du secteur TIC, en les reliant au cadre d’opération (légal, technologique et social) par une comparaison entre France, Italie et Chine.

Laura Draetta est membre du Comité Scientifique de la Chaire TIC et Développement Durable de l’Institut TELECOM et membre de la Commission Projets du pôle de compétitivité Solutions Communicantes Sécurisées. Elle coordonne la participation de l’équipe Deixis-Sophia de Télécom ParisTech à la gouvernance du programme d’aide à l’innovation numérique PACA Labs (programme de la région française Provence-Alpes-Côte d’Azur) ; dans ce programme, l’équipe assure l’accompagnement méthodologique pour la mise en œuvre d’une approche de l’innovation « centrée utilisateur ».