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Bulletin Oeconomia Humana
Mai 2011, volume 9, numéro 4
Il faut choisir ses batailles !
Par Audrey Meyer, Candidate à la maîtrise en sciences de l’environnement Catégorie : politique, élections fédérales 2011
Lundi 2 mai, les citoyens canadiens prendront la direction des urnes pour élire les députés qui siègeront à la Chambre des Communes. De là sera désigné le nouveau chef de l'exécutif, le premier ministre qui nommera son gouvernement dont les ministres, les sénateurs, les lieutenants-gouverneurs des provinces et les juges de la Cour suprême du Canada.
Au soir de cette 37e journée de campagne électorale, le moment du choix, celui qui décide en partie d'un changement ou non, celui qui dessine l'avenir du Canada et de ses provinces, est arrivé. Toutefois, on ne peut que constater et déplorer l'absence au sein des programmes et lors des débats d'un enjeu de taille : l'environnement. Le débat des chefs n'y a quasiment fait aucune allusion et les plateformes des quatre partis principaux restent floues et comportent peu d'engagements. Un manque de considération qui va à l'encontre des principes du développement durable puisque l'environnement est le soutien indispensable d'une économie viable. Il est curieux de remarquer que l'épice du "développement durable" à laquelle on condimente tant de nouveaux projets a totalement disparu de cette campagne électorale fédérale. La vision à long terme, que bien des personnes travaillent à faire émerger et à ancrer dans les mœurs et les pratiques, est dissipée au profit d'une conquête de l'électorat où la fin semble justifier les moyens. Sur ce point il y a manifestement eu consensus stratégique entre les partis pour ne pas débattre des questions environnementales et ainsi éviter de laisser entrevoir ce talon d'Achille commun.
On ne peut donc que saluer le travail de différents organismes environnementaux qui ont œuvré à faire émerger ces questions et à clarifier les positions des partis, en particulier le questionnaire environnemental adressé aux cinq principaux partis. Sur les cinq, le seul qui n'a pas répondu est le parti conservateur. Pour plus de détails, consultez ici le questionnaire et ses résultats.
Il est dommage qu'en 2011 cette campagne électorale, souffle de la démocratie, se cantonne à une mise en scène communicationnelle. Cela ampute le débat et laisse finalement l'impression que l'on se préoccupe toujours et encore plus du charisme et de la rhétorique des représentants politiques que des réels enjeux d'un Canada qui pourrait pourtant œuvrer à rétablir son positionnement sur le banc des bons élèves mondiaux préoccupés par un développement plus durable et une économie plus verte.
Pour ma part, peut-être est-ce là le soubresaut d'une vision résignée et pessimiste, liée à ma condition de citoyenne multiple, qui a constaté trop souvent que l'arrogance et la cupidité se targuent d'un pouvoir qui ne devrait appartenir qu'aux citoyens. Pourtant, je ne suis pas naïve au point d'ignorer les difficultés de la démocratie et des luttes politiques.
Je suis citoyenne canadienne de naissance, mais j'ai grandi en France. Je vote et me positionne au sein de l'échiquier politique canadien seulement depuis quelques années. Malgré tous ses biais, je crois à l'expression démocratique par la voie les urnes, mais je suis bien souvent déçue du résultat qu'elle apporte. Je ne crois pas que l'abstention de masse puisse un jour être réellement reconnue et aboutir à un changement des mécanismes du système politique bien qu'il me paraisse pourtant nécessaire. Comme beaucoup, je tente de faire un tri et choisis d'attribuer mon vote au parti qui se rapproche le plus de mes convictions. Mais en choisissant de se prêter au "jeu" et d'entrer dans l'arène, on se retrouve évidemment confronté au fameux dilemme : doit-on faire le choix d'un vote rationnel et stratégique pour éviter le pire ou doit-on supporter ses convictions avec la quasi-certitude de leur non-aboutissement et le risque de voir le pays dirigé par un parti avec lequel on est en profond désaccord ? Pour nous aider dans ces choix difficiles, quelques outils ont été mis en place :
Une aide à prendre avec des pincettes pour ceux qui n'arrivent pas à faire leur choix parmi les partis, ou pour vérifier qu'il était bien le bon : la boussole électorale de Radio Canada.
Pour savoir qui choisir et si vous devez voter stratégique dans votre circonscription : projet démocratie.
Je suppose qu'au moment où vous lirez cet éditorial, les dés seront jetés et nous serons fixés. En attendant les prochaines élections, nous vous proposons d'améliorer notre compréhension sur des sujets qui sont les compléments indispensables et surtout les leviers de la transformation de notre système économique et social.
Ce mois-ci, nous vous invitons à lire un article et un compte rendu qui approfondissent tous deux la responsabilité sociale des organisations dans le cadre d'ISO26 000, le premier est écrit par Marie-Andrée Caron : "ISO 26 000 ou la rencontre de l’expert, du profane et du normalisateur", le second est écrit par Corinne Gendron : "Compte-rendu de l’atelier de formation «Structurer le dialogue social avec ISO 26000"
Nous vous proposons également de découvrir le compte rendu d'Imane Essrifi qui revient sur la conférence sur le développement durable et la responsabilité sociale, organisée par le Centre international Unisféra le 6 et 7 avril dernier. "Une gestion de risque par le DD ou pour le DD ? Et vice versa "
Nous vous invitons également à lire un article d'Audrey Bruneau, qui nous permet de mieux saisir le contexte d'utilisation des nanoparticules et place les enjeux de ce développement : Nanoparticules : Phénomène d’actualité, enjeux risqués?
Enfin, nous vous suggérons la lecture d'un entretien réalisé avec Éric Duchemin qui nous plonge au cœur des problématiques et des enjeux liés à l'agriculture urbaine à Montréal et dans le monde. Bonne lecture à tous !
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