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Bulletin Oeconomia Humana

Octobre 2010, volume 8, numéro 8


Mobilisation des entreprises et Gouvernance du Développement durable

Compte-rendu d'un séminaire présenté par Chiraz Ghozzi-Nékhili 


Par Louis Cousin, candidat au MBA recherche à l'UQAM

Catégorie: développement durable


La chaire de responsabilité sociale et de développement durable organisait, le 29 Juillet 2010 un séminaire intitulé « Mobilisation des entreprises et Gouvernance du Développement durable ». Animé par Chiraz Ghozzi-Nékhili, docteure en science de gestion et maître assistante en management à l’institut supérieur de comptabilité et d’administration des entreprises de La Manouba (Tunisie), ce séminaire se déroula en trois temps. Tout d’abord Mme Ghozzi-Nékhili présenta deux travaux de recherche, l’un étant une étude exploratoire de l’agenda 21 d’Hammam Sousse (Tunisie) et l’autre s’intitulant « vers une stratégie intégrale et intégrative des dimensions de RSE dans des entreprises tunisiennes labellisées ». Enfin, une période d’échange avec l’auditoire présent clôtura le séminaire.

Etude exploratoire de l’agenda 21 d’Hammam Sousse (Tunisie)

S’inscrivant dans la continuité des décisions prises au sommet de Rio en 1992, les agendas 21 se veulent, au niveau national, un cadre politique fixant les objectifs à atteindre dans tous les domaines de la société pour atteindre un développement durable.

A travers l’exemple de la ville D’Hamman Sousse, Chiraz Ghozzi-Nékhili a illustré la déclinaison de cette politique au niveau local en Tunisie. Une première réflexion, issue de la lecture des agendas 21 locaux en Tunisie a fait ressortir un bilan plutôt mitigé montrant une faible implication des entreprises dans ce programme d’action. Ce constat fait par Chiraz Ghozzi-Nekhili et Emna Gana-Oueslati qui ont collaboré sur ce projet de recherche a permis de fixer les questions de recherche suivantes : Comment fonctionnent les dispositifs de gouvernance locaux ? Et qu'est ce qui pourrait expliquer la faible participation des entreprises à ce programme communal ?
Les Agendas 21 se veulent résolument participatifs et sous-entendent, en théorie, une participation des parties prenantes. Cependant, cette dynamique, théoriquement horizontale et participative semble souffrir d’un manque de participation des parties intéressées rendant la démarche essentiellement verticale, découlant d’une volonté nationale répercutée sur les collectivités locales. La faible participation des parties prenantes et plus spécifiquement des entreprises semble résulter d’un manque d’implication de ces dernières aux questions relatives à leur environnement couplé à un scepticisme sur l’utilité (particulièrement économique) des actions menées.

Chiraz Ghozzi-Nekhili conclut que le manque de caractère participatif au programme agenda 21 dans la ville D’Hamman Sousse découle d’un manque de sensibilisation et d’information des parties prenantes aux questions de développement durable. En effet, ces actions permettraient de dynamiser l’implication des parties prenantes à travers une démarche volontariste, ce qui pourrait permettre de faire rebasculer le programme agenda 21 vers une gouvernance horizontale.

Vers une stratégie intégrale et intégrative des dimensions de RSE dans des entreprises tunisiennes labellisées BIO

Ce projet mené par Chiraz Ghozzi-Nekhili et Souad Kamoun-Chouk repose sur la question de recherche suivante : Les opérateurs agricoles BIO tunisiens sont-il socialement responsables même de façon non explicite ou bien sont-ils simplement mus par le profit ?

S’appuyant principalement sur la méthode Delphi pour la méthodologie et sur le « triple bottom line » d’Elkington ainsi que sur les travaux d’Acquier pour la partie théorique, ce projet devrait permettre de caractériser la motivation des entreprises agricoles tunisiennes pour obtenir un label bio. Il s’agira donc de comprendre si ces dernières sont mues par la recherche de profit ou par un véritable volontarisme socialement responsable et si la stratégie RSE de ces entreprises constitue une « stratégie intégrative et intégrante » des valeurs que sous-entend la RSE.

Ce projet, encore à ses débuts, s’appuie pour le moment sur trois études déjà réalisées sur le secteur du Bio en Tunisie. L’analyse de ces dernières semble montrer que l’appellation bio est souvent réduite à un « slogan publicitaire » sans que les entreprises ne fassent preuve d’un réel engagement dans une politique de RSE. Il sera, par la suite, complété d’entretiens avec des experts de l’agriculture Bio en Tunisie.